Jeu

Je est un Jeu

 

La carte de visite que je n'ai pas encore dirait "Joueur". Jeu joue. En même temps, paradoxalement, je déteste parier ou miser de l’argent. Plus le jeu semble futile et gratuit plus j’y mets du cœur, plus il m’électrise.

 

Jouer est mon activité principale pour ce qui est des arts de la scène. Tomber d'un plateau de théâtre, fouler le plancher d'un studio de danse ou improviser sur la scène d'un festival, pour moi, ici encore, c’est cuisiner. On choisit une recette en amont (un thème, une pièce, une source), on mijote, on touille, on sue et on fait suer, on rectifie l'assaisonnement, une pincée d'humour, moins de pathos, goût nature, fumé, suret, piquant... Et puis, un soir, c'est la première, on régale et on se régale, on offre et on s'offre un festin. Jouer c’est à chaque fois se pourlécher les babines, c'est déguster ensemble.

Mouvements

 

En bon zinneke j'affectionne particulièrement le mélange des genres, des styles, des générations et des disciplines. Depuis la fin des années '80 j’explore les confluents et les carrefours entre théâtre, mouvement, danse et jeu d’acteur.

 

Un des plus beaux matins de ma vie, je reçois par téléphone la confirmation comme quoi je suis accepté pour jouer dans une création qui, je ne le sais pas encore, fera l'effet d'une bombe dans le paysage culturel belge de l'époque. 

Les Tubes
Les Tubes
Les Tubes
Les Tubes
Sorcière aux dents d'écaille
What the body does not remember
What the body does not remember
What the body does not remember
La Danse des pas perdus
Laps
La Folie originelle
La Folie originelle
Amarrados al viento
Amarrados al viento
Libido
Libido
Radici
Once upon a time in Petaouchnok
Once upon a time in Petaouchnok
Au plus près
Au plus près

Un soir Yves a pris des paroles dans sa bouche, et les paroles sont devenues de l’eau, bleue, avec du soleil dedans.

 

Xavier Deutsch

Oser quitter l'école (le Conservatoire de Liège) et la Belgique pour travailler avec un chorégraphe flamand alors illustre inconnu me permet d’éprouver les joies, les surprises, les épreuves et les douleurs de l’apprentissage sur le tas, en l'occurrence un beau tas de roulés-sautés-tombés-jetés. Plus de deux ans de répétitions et de tournées assoient mon goût pour les voyages, les langues, l'étranger, les échanges et la circulation. Deux ménisques en miettes m'apprennent aussi à improviser dans la douleur, à garder une oreille par devers moi et à poser mes limites.

 

Depuis ce temps, j’alterne voyages aux quatre coins du monde et phases de création artistique, surtout avec de jeunes compagnies, de nouvelles équipes, des gens venant de la danse, du théâtre, du cirque ou de la performance.

 

© Yves Delattre 2016 * Tous droits réservés

Once upon a time in Petaouchnok